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Récit d'un voyage inoubliable au Pakistan : 1. Islamabad

par Géraldine Legrand 

Février-mars 2007.

Itinéraire : Islamabad - Rawalpindi , Hasan Abdal, Murree , Karachi, Lahore, New Dehli (Inde), Peshawar.

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Voyage au Pakistan par Géraldine Legrand, 2007 - Hasan Abdal Cela faisait des mois qu’Ayaz, un pakistanais qui vit en France depuis une dizaine d’années, proposait à Laurent de l‘accompagner au Pakistan. Quand Laurent m’a proposé de partir avec lui, l’idée était des plus tentantes.

En décembre 2006, l’une des sœurs d’Ayaz est décédée au Pakistan. Ayaz devait donc rentrer au pays rapidement, après 15 ans d’absence pour se recueillir. En effet, la tradition pakistanaise veut que lorsqu’une mère décède, un conseil de famille se réunit pour marier la fille aînée de la défunte si celle-ci ne l’est pas encore. Ayaz étant le chef de famille (car c’est lui qui subvient aux besoins de toute sa famille avec les revenus qu’il perçoit en France), c’est à lui, et non au père de la fille, qu’il revient de choisir le futur mari.

Vu que je quittais mon emploi fin janvier, on a décidé de partir en février pour 3 semaines. Il ne restait qu’à faire les visas, ce qui fut rapide (contrairement aux visas pour l’Inde) puisque personne ne part au Pakistan. Un détail important, et qui nous a valu quelques heures d’attente à Karachi, les visas obtenus en France pour le Pakistan sont des visas à entrée unique, donc pour ceux qui envisagent de faire des aller-retour entre le Pakistan et l‘étranger, il faut s’assurer d’obtenir un visa à entrées multiples.

Après avoir récolté un maximum d’informations sur ce pays, qui n’est guère des plus touristiques (seul le Lonely Planet a publié un guide sur le Pakistan, disponible uniquement en version anglaise), nous étions fin prêts pour découvrir ce pays dont l’image renvoyée par les médias est désastreuse.

Vendredi 9 février 2007:

Ayaz nous accompagne à l’aéroport mais ne nous rejoindra là-bas que 2 semaines plus tard. Il nous assure que sa famille nous attendra à l’aéroport. Nous voici donc à Roissy pour l’enregistrement et déjà on a l’impression d’être ailleurs. Peu de femmes, toutes avec la tête couverte, et tous les passagers nous observent, moi surtout en tant que femme. Nous sommes les seuls européens dans l’avion. C’est un vol direct pour Islamabad et le voyage se passe parfaitement, l’équipage est aux petits soins avec nous.

Samedi 10 février 2007:

Ça y est, nous posons le pied au Pakistan. Il fait gris et il pleut, mais peu importe, on y est. Premiers contrôles à la descente de l’avion, les douaniers sont très surpris de nous voir et nous demandent ce que des français viennent faire ici.

4 hommes nous attendent avec une pancarte sur laquelle est inscrit « Laurent »  à leur façon. Aucun ne parle anglais, mais comme ils ne cessent de répéter « Ayaz, Ayaz », nous les suivons. De toute façon, nous n’avons pas le choix car ils ont déjà embarqué nos sacs. On monte dans une petite voiture Suzuki, le modèle le plus répandu là-bas, et nous voilà à Rawalpindi, à 15 km d’Islamabad. Ça klaxonne dans tous les sens et la circulation est des plus chaotiques.

Arrivés à destination (on ne sait pas encore où), Sohail (30 ans), neveu d’Ayaz et fils de la défunte, nous accueille. On arrive dans une « maison » dont le rez-de-chaussée abrite un atelier de couture et le 1er étage est composé d’une très grande chambre, avec une cuisine et une salle de bains toute neuve. Sohail nous apprend que l’étage a été spécialement aménagé pour nous dès qu’ils ont appris que des amis français d’Ayaz venaient au Pakistan. Sur le coup, on n’y croyait pas trop. Là, plusieurs garçons nous préparent un petit déjeuner composé de café, pain, beurre et œufs durs (les Pakistanais adorent les œufs durs; ils nous ont expliqué qu’après une douche, il faut manger un œuf dur pour lutter contre le froid). Puis Sohail nous annonce que finalement il va nous emmener chez lui. A peine arrivés, nous repartons donc avec Sohail et son oncle Rachid, chauffeur de taxi (la voiture est toujours une petite Suzuki).

Quelques minutes plus tard, nous arrivons chez Sohail qui vit dans une maison avec son père, ses 2 frères (Rehan, 28 ans et Muzembil, 13 ans) et ses 3 sœurs (Sarah, 31 ans, qui doit se marier, Saima, 29 ans et Mareen, 24 ans). Sa famille nous accueille très chaleureusement et a hâte de nous connaître. Sohail nous informe qu’il nous laisse la chambre qu’il partage avec son jeune frère. Une grande chambre avec une salle de bains et de vraies toilettes. Les filles nous installent assis par terre sur des coussins, dans le salon, qui leur sert également de salle à manger et de chambre pour les 3 garçons. Elles nous amènent notre premier repas pakistanais avec du « roti » (sorte de crêpe plus fine que le naan, qui accompagne chaque repas et sert surtout pour attraper la nourriture car nous n’avons pas vu l’ombre d’une fourchette ou d’un couteau pendant 3 semaines). Et là commencent les questions pendant plusieurs heures, sur notre mode de vie, nos familles, notre culture. Puis ils nous laissent nous reposer un peu car nous sommes attendus ailleurs pour dîner. Au début, la position devenait vite inconfortable car nous ne sommes pas habitués à manger assis en tailleur (surtout si l’on manque de souplesse) sans fourchette ni serviette, ça les faisait d’ailleurs beaucoup rire, mais on s’y fait très vite. En général, ils partagent le même verre aussi.

Pendant les premiers jours à Rawalpindi, nous avons effectivement été invités un peu partout dans leur famille de Rawalpindi. Tout le monde avait hâte de nous rencontrer. Nous étions les premiers occidentaux qu’ils rencontraient. Fort heureusement, la plupart des citadins parlent anglais, ou en tous cas ont des notions, ce qui a grandement facilité les conversations.

Dimanche 11 février 2007:

Rachid (qui s’est rendu disponible tout au long de notre séjour malgré son emploi du temps de chauffeur de taxi) et Sohail nous accompagnent à Islamabad.

Voyage au Pakistan par Géraldine Legrand, 2007 -   Voyage au Pakistan par Géraldine Legrand, 2007 -

Petit arrêt à Breeman, un grand marché en plein air, où nous ne croisons aucune femme et où tous les regards sont dirigés vers nous.

Puis nous partons à la Mosquée Shah Faisal, la grande mosquée très moderne d’Islamabad, et qui est la plus grande mosquée d‘Asie. Après avoir laissé nos chaussures à l’entrée, nous en faisons le tour. Ce n’est pas l’heure de la prière donc la mosquée est fermée. Marcher pieds nus sur du marbre alors qu’il pleut, c’est dur, mais ça vaut le coup. J’avais par précaution pris un foulard, mais ce n’était pas utile. Je ne l’ai d’ailleurs jamais mis durant tout notre séjour.

 Voyage au Pakistan par Géraldine Legrand, 2007 -   Voyage au Pakistan par Géraldine Legrand, 2007 -   

Voyage au Pakistan par Géraldine Legrand, 2007 -   

Voyage au Pakistan par Géraldine Legrand, 2007 -   

Puis nous partons à Daman-E-Koh, lieu très prisé par les pakistanais pour les balades et pique-niques, situé en haut d’une colline et qui offre une superbe vue sur Islamabad. Enfin, un petit tour au zoo, plutôt tristounet.

Retour à Rawalpindi (bien qu’il n’y ait que 15 km entre ces 2 villes, il faut compter une heure pour en revenir, vu la circulation).

Nous dînons chez un oncle de la famille. Les femmes préparent le repas mais ne mangent jamais en même temps que les hommes, exception faite pour moi. C’est donc un véritable honneur pour moi de partager le repas des hommes.

 Voyage au Pakistan par Géraldine Legrand, 2007 - Hasan Abdal  Voyage au Pakistan par Géraldine Legrand, 2007 - Hasan Abdal

Nous allons ensuite avec Sohail, Rachid, Rehan et Khurram (le cousin et surtout meilleur ami de Rehan) boire un café (acheté à un petit vendeur dans la rue, que nous dégustons adossés à la voiture de Rachid) à Saddar Bazaar, le centre « moderne » de Rawalpindi où l’on trouve toute sorte de boutiques.

Lundi 12 février

Comme nous adorons marcher, nous proposons à Rehan et Khurram (les 2 meilleurs amis qui nous accompagneront tout au long de notre voyage) d’aller à pied à Rajah Bazaar, le grand marché local de Rawalpindi qui s’étend sur de nombreuses rues. Rawalpindi est une grande ville, il nous faudra environ 2 heures 30 pour y arriver. Mais c’est aussi et surtout l’occasion d’arpenter les rues, de découvrir la vie des pakistanais et de rencontrer les gens.

 Karachi  Karachi  

Karachi  

Karachi  

Karachi  

 Karachi  
 Karachi   Karachi  
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Dans les rues de Rawalpindi

De manière générale, tout le monde est heureux de nous voir, même les gens dans la rue. Et le fait d'être une fille a été encore plus intéressant. Les gens me regardaient forcément avec beaucoup d'étonnement, de curiosité... et dès que je leur souriais, ils me renvoyaient leur plus beau sourire, venaient nous serrer la main, surtout les femmes et les enfants. Plusieurs personnes nous ont pris en photo ou nous ont invités chez eux.

Nous n’avons jamais ressenti aucune agressivité, que ce soit dans les rues de Rawalpindi ou ailleurs.

J’avais promis aux filles de leur faire un gâteau au chocolat; du coup nous partons à la recherche de tablettes de chocolat à cuire. Certes, on trouve toutes sortes de barres chocolatées sans problème, mais pour le chocolat dessert, c’est une autre histoire. Nous avons dû aller jusqu’à Islamabad pour en trouver, à un prix qui frise l’insolence. Il est beaucoup plus facile de trouver ce genre de denrées à Karachi et Lahore qu’à Islamabad.


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