Encore plus pauvre, encore plus beau : le Malawi. |
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Un coup de sirène pour informer que l'abordage s'est terminé sans dommage, puis une échelle est tendue depuis le pont avant jusque sur le sable. Le phare du Songea éclaire les retrouvailles bruyantes des villageois. Les vendeuses ambulantes entourent le bateau avec leurs plateaux de bananes, de patates et de poissons. Elles pénètrent dans l'eau jusqu'à mi-taille, présentent dans une main leurs marchandises. Dans l'autre elles tiennent une tasse ou une carafe dans lequel les passagers jettent les pièces de monnaie. Plus tard elles s'enhardissent et montent sur le pont pour liquider le reste de la marchandise. La halte dure une heure puis le moteur fait marche arrière et la coque Songea se détache délicatement de la plage. Ils s'enfonce vers le sud dans l'obscurité de la côte tanzanienne. Le lac est agité, je commence à avoir le mal de mer. Bizarrement le naufrage du Kabalega me revient en mémoire, alors je vérifie les lumières avant de rentrer dans ma cabine. Le poste de pilotage est éclairé, c'est bien. Sur l'avant il y a une lumière verte côté droite et une lumière rouge côté gauche. Si quelqu'un venait à croiser notre route cette nuit il devrait nous apercevoir dans le noir. Ce lac est identifié sur nos cartes comme le lac Malawi mais ici tout le monde l'appelle le Nyasa Lake. Le Malawi est le pays qui forme la côte sud du lac, à côté du Mozambique. Il est plus pauvre encore que ses voisins, si c'est possible. Sans accès à la mer, sans richesse ni guerre spectaculaire pour attirer l'attention, il fait parfois l'objet d'un article dans nos journaux à cause de son taux effrayant de malades du sida et de la famine qui sévit. Laissons lui au moins donner son nom au troisième plus grand lac d'Afrique. Le voyage assez court – 20 heures – du Songea suit toute la côte tanzanienne du lac qui est surplombée par les montagnes Livingstone. Très vertes, sauvages et culminant à 2'000 mètres, elles invitent à la randonnée mais sont pratiquement dénuées d'infrastructures.
Le Songea est chargé de vases en terre cuite, empilés sur le pont avant des troisième classe et protégés par de la paille. Il va débarquer toute sa marchandise au port de Mbamba Bay, destination finale du voyage. C'est un village de pêcheurs, doté d'un magnifique quai en béton qui avance dans l'eau sur 20 mètres. Mais le capitaine du Songea dédaigne cette facilité et va accoster avec sa technique préférée : droit sur le sable. Les maisons de Mbamba sont plus rudimentaires qu'au nord, les embarcations des pêcheurs n'ont même pas de moteur. A la fin du jour ils préparent leurs pirogues pour la pêche nocturne en attachant une lampe de pétrole sur la proue pour attirer les poissons. Puis ils sortent par groupe de 6 embarcations pour jeter leurs filets, s'éloignent du rivage et forment un chapelet de lumière dans la nuit. Je n'ai pas rencontré sur cette plage un pêcheur qui sache nager. Et je n'ai pas vu non plus une pirogue qui n'aie pas une flaque d'eau dans son fond. Aspects pratiques
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